YFU News 106 : CINQ MOIS POUR CHANGER DE REGARD

YFU News 106 : CINQ MOIS POUR CHANGER DE REGARD
February 05, 2026 12:53

Quand j’ai quitté la Belgique pour cinq mois en Afrique du Sud, franchement, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’allais loin, vraiment loin, dans un pays immense, plein de cultures différentes. Je savais que ça allait être dépaysant, mais jamais je n’aurais cru que ce voyage me transformerait à ce point.

Dès les premiers jours, tout était nouveau : les habitudes, le rythme de vie, la langue. J’ai vite compris qu’il fallait se débrouiller, poser les bonnes questions, s’adapter à tout. Petit à petit, j’ai vu que l’autonomie, ce n’est pas juste faire les choses tout seul. C’est aussi apprendre à se faire confiance et à trouver sa place, même quand tout autour de toi est différent. Et ça, l’Afrique du Sud me l’a appris comme jamais.

Un truc auquel je ne m’attendais pas : passer autant de temps dehors. Là-bas, j’étais tout le temps à l’extérieur, beaucoup plus qu’en Belgique. Le soleil, les balades, les activités en plein air, les rencontres qui se font naturellement dans la rue ou dans les parcs… c’était fou. Être dehors faisait partie du quotidien, et j’ai vraiment adoré ça.

Côté langues, mon anglais s’est amélioré sans même que je m’en rende compte, parce qu’il était partout. J’ai aussi découvert l’afrikaans, et le fait d’avoir étudié un peu le néerlandais m’a clairement aidé à mieux comprendre cette langue. Mais la vraie surprise, c’était le xhosa. J’étais dans une région où tout le monde, ou presque, parlait xhosa, et ma famille d’accueil aussi. J’ai appris quelques mots, j’ai essayé de répéter les clics et les sons qui n’existent pas du tout en français, même si je galère encore aujourd’hui.

L’histoire du pays m’a aussi frappé. J’en savais un peu avant de partir, mais vivre tout ça sur place, ça n’a rien à voir. Les traces de la colonisation, les histoires sur l’apartheid, les lieux qui respirent la mémoire… on ne comprend la vraie dimension de tout ça que quand on en parle avec les gens. Malgré tout ce passé lourd, le pays avance avec une énergie incroyable. On le sent dans les regards, dans la façon dont les gens parlent, dans la vie de tous les jours.

Une expérience qui m’a particulièrement marqué, c’est la visite des townships. Découvrir ces quartiers, ça te met une claque. Tu réalises que tout le monde n’a pas la même chance. La pauvreté, les inégalités, c’est là, sous tes yeux, impossible à ignorer. Ça fait réfléchir sur la vie, les opportunités, et sur ce que chacun peut apporter à la société.

Et puis, il y a les gens. Les Sud-Africains sont accueillants, souriants, ils partagent leur joie de vivre sans compter. Les discussions improvisées, les repas partagés, les sourires échangés… tout ça rendait chaque journée unique. La danse aussi, elle est partout : à l’école, dans la rue, pendant les fêtes, même dans les moments les plus simples. Voir les gens danser avec autant d’énergie et de bonheur, ça fait plaisir.

Quand je repense à ces cinq mois, ce ne sont pas juste de beaux paysages ou des souvenirs forts qui me viennent en tête. Je vois surtout la personne que je suis devenue : plus ouverte, plus confiante, capable de m’adapter à tout. Ce voyage m’a changé, vraiment. Et je sais que tout ce que j’ai vécu là-bas restera avec moi encore longtemps.

L’Afrique du Sud ne m’a pas juste montré un pays. Elle m’a appris une autre façon de voir le monde.